Questions-réponses Jo Witek à Castelnaudary

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce roman ?

Trois idées sur mon carnet : TGV/ huis clos /6 ado. Et le fait d’avoir croisé un sanglier de nuit sur une départementale : ce fut en quelque sorte « l’ irruption du monde sauvage dans mon TGV » le TGV représentant un monde moderne sans aspérité.

Combien de temps cela vous a pris d’écrire ce roman ?

Un an mais pas en continu car je travaille en même temps, je suis journaliste et scénariste pour le cinéma.

Pourquoi 6 ado ?

J’ai listé des peurs puis j’ai choisi les personnages. J’en ai d’ailleurs supprimé quelques uns prévus au départ.

Comment gérez vous les différents éléments : les liens entre les personnages, le cadre ?

Cela a été plus complexe pour Peur Express que pour mes autres romans pour lesquels je dois juste suivre la voix d’un personnage…

Pourquoi une fin rationnelle à une histoire irrationnelle ? 

Un éditeur n’a pas retenu mon livre à cause de la troisième partie mais je tenais à cette troisième partie car j’aime le psychologique dans les romans policiers. D’ailleurs l’éditeur Acte Sud, a pris le roman grâce à cette partie psychologique. Je pense qu’il faut s’autoriser des libertés et sortir des règles habituelles du thriller.

J’aime bien être surprise et varier les points de vue.

Comment avez-vous trouvé le nom de vos personnages ?

J’ai croisé un Virgil et une Wafaa dans des ateliers d’écriture. Je tâtonne, je fais des recherches sur internet j’écoute si cela sonne bien…

Pourquoi la période de Noël ?

Parce que c’est une période qui m’angoisse un peu. J’avais besoin de cette ambiance de neige. De plus la neige, c’est « la galère » pour les professionnels du train.

Pourquoi cela se passe dans un train ?

Parce que c’est un huis clos parfait pour le paranormal. Et puis j’adore les trains. Le temps du voyage aussi me paraît intéressant.

Pourquoi avoir choisi le paranormal pour traiter des peurs ?

Je suis partie de la peur de la mort qui est en nous et je suis arrivée peu à peu aux frontières du paranormal avec des prémonitions…J’aime interroger sur la frontière entre le normal et la folie. Le doute m’intéresse beaucoup.

Pourquoi la rencontre entre le professeur Michet et Jeanne ?

Je suis positive et j’ai beaucoup de mal à ne pas finir par une petite note de soleil. J’écris pour donner envie de vivre. J’aime l’idée de la rencontre un peu improbable entre une conductrice du train et d’un spécialiste du paranormal.

Est-ce que vous vous êtes identifiée à des personnages ?

J’ai beaucoup de tendresse pour mes personnages. C’ est comme si je les rencontrais. En écrivant, je crée un petit monde. J’ai été comédienne et cela me pousse à beaucoup m’interroger sur les personnages. J’ai joué par exemple mademoiselle Julie de Strindberg et je me demande comment elle est, comment elle marche…Mon mari voit à la façon dont je travaille à l’ordinateur si j’écris un roman ou si je prépare un article pour les journaux. J’écris beaucoup de dialogues.

Un retour de lecture : j’ai beaucoup aimé la façon dont vous passez d’un personnage à un autre.

Je suis influencée par l’écriture de scénarios. Le cinéma nous a habitué à décrire une situation en quelques mots. La littérature au 19ème siècle était pleine de longues descriptions que nous avons tendance à trouver aujourd’hui ennuyeuses car nous voyons beaucoup de films et nous vivons dans un monde plus rapide.

Ce qui me plaît c’est la fin avec l’avion qui laisse l’ouverture pour une suite…

La coïncidence c’est que je suis invitée sur l’île de la Réunion et je vais peut être y trouver des phénomènes paranormaux à expliquer. J’aime à penser que la vie nous fait de petits signes…

Cela fait combien de temps que vous écrivez ?

A 13 ans j’écrivais déjà beaucoup pour moi, un journal intime. C’est à 24 ans que j’ai été publiée pour des textes sur la maternité; cela fait 5 ans que je suis reconnue comme un auteur. Jeune, ma sœur avait tout à fait le profil de l’écrivain écrivant et lisant beaucoup. Quant à moi, j’avais marqué dans mon journal intime que je voulais devenir assistante sociale. En fait, c’est elle qui est devenue assistante sociale et moi écrivain. Mais quelque part j’ai toujours la volonté de mettre de l’humain dans mes récits, je m’intéresse toujours au social.

Je suis devenue auteur à part entière quand j’ai écrit pour les autres et non plus pour moi ; j’ai écrit trois romans de littérature générale qui ont été refusé par les éditeurs et cela a été un passage difficile pour moi.

Avez vous pensez à écrire une biographie ?

Non mais cela m’intéresserait

Euh non une autobiographie ?

Non !

Avez vous eu des problèmes pour trouver un éditeur ?

Cela n’a pas été tout seul. J’ai été refusée pour les trois manuscrits de romans pour adulte. Cela a été en revanche assez rapide pour la littérature de jeunesse.

Quel est votre rapport avec le support numérique ?

Je n’ai pas peur des supports. Il m’arrive d’écrire pour les multimédia. La technologie est là et en tant qu’auteur j’aimerais réfléchir à un type d’écriture adapté à ces nouveaux supports.

Est-ce que vous quitteriez votre travail pour écrire ?

Cela me forcerai à produire beaucoup car pour en vivre il me faudrait écrire 4 à 5 livre par an et je n’ai pas envie d’être dans l’obligation d’écrire. Et puis travailler par ailleurs me permet de rencontrer beaucoup de gens différents qui nourrissent mes récits.

J’ai aimé Robert Jean et le détournement des objets dans Peur express; par exemple la réplique du sabre de Dark Vador en plastique qui sert de canne à Robert Jean !

Effectivement, j’ai bien aimé armer Robert Jean de l’épée laser du méchant Dark Vador !

Est ce que vous réutilisez certains personnages ?

Non, je ne suis pas nostalgique !

Quand vous écrivez vous prévoyez tout ou bien vous vous laissez aller ?

Un peu des deux . J’ai mon idée principale mais un chapitre en amène un autre. Mais le rôle de l’éditeur qui a un regard littéraire sur le texte est important. Il me permet de corriger certaines incohérences…

Est ce que vous traitez de sujets différents en tant que journaliste ?

Oui et cela me permet aussi de rencontrer des gens et des sujets variés.

Quel type de sujets préférez vous ?

J’écris un peu en réaction de ce que je vois. Par exemple pourquoi le héros d’une histoire sentimentale serait-il forcément une fille ?

Entretien retranscrit par Valérie Marcoul, enseignante-documentaliste au collège Blaise d’Auriol de Castelnaudary

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