Hervé Giraud en visio

En avril se sont déroulés des rencontres un peu spéciales : Hervé Giraud a accepté de rencontrer les lecteurs du prix pour quatre visio conférences passionnantes, interrompues, indécises et vives. L’auteur de « le jour où l’ont a retrouvé le soldat Botillon » s’est révélé sensible et drôle.Hervé GIRAUD

Compte-rendu de ces moments par les élèves du lycée Jacques Ruffié

Un auteur passionné, franc et drôle : trois adjectifs qui sont le plus souvent revenus dans le bilan que les élèves ont écrit de la rencontre avec Hervé Giraud. « Sa façon de parler claire et simple nous a mis à l’aise et donne envie de l’écouter ; ses réponses étaient vraiment développées ».
Les élèves ont pu constater la diversité des sources d’inspiration qui ont guidé l’écriture de son roman, Le Jour où on a retrouvé le soldat Botillon : les livres bien sûr, les carnets de guerre, les visites de musées et de lieux historiques… mais aussi les personnes réelles et proches de lui, comme sa grand-tante qui était trapéziste et dont il s’est inspiré pour le personnage de la fille du soldat Botillon. Il était intéressant de constater que, comme pour Marion Brunet, l’imagination et la fiction avaient été ici majoritairement présentes dans l’élaboration du roman, malgré de rares emprunts à l’expérience vécue et un souci de rester dans une intrigue plausible. « Il y avait beaucoup d’humour dans ses réponses, comme lorsqu’il nous avoue ce qu’il pense de la couverture choisie pour son livre. » Ce ton convivial et décontracté a séduit les élèves, mais ils ont aussi retenu la franchise de l’auteur au moment d’aborder la question de la commémoration. « Il nous a permis de réfléchir à cet aspect : comment demander à des enfants de se réunir autour d’un monument aux morts sans leur faire comprendre auparavant ce qu’il représente ». Son roman peut ainsi être vu comme une invitation à définir le sens d’une commémoration : qu’est-ce que se souvenir, et surtout comment parler des événements de la grande guerre…Comment créer un pont entre 1914 et 2014. « Cela m’a intéressée de voir que l’auteur s’est posé ces questions pour écrire et qu’il s’est demandé comment expliquer la guerre à une génération qui n’a qu’une vague idée de la vie au front, de ce que cela peut être d’être transi de froid, affamé, et constamment en danger de mort ».
Partager, instruire, se souvenir… Autant de thèmes qui ont guidé les échanges entre les élèves et l’auteur.
La rencontre qui se déroulait par visioconférence s’est également révélée intéressante dans son aspect technique pour des élèves qui en découvraient les atouts…et les contraintes. « C’est une bonne solution pour en apprendre plus sur un roman tout en arrangeant l’emploi du temps de tous, sauf en cas de très mauvaise connexion » ; « la visioconférence est une expérience un peu stressante mais qui en même temps donne l’impression qu’Hervé Giraud est plus présent, plus vivant : on devait se présenter avant de poser sa question. » La comparaison des réponses d’Hervé Giraud et de Marion Brunet a également étonné les élèves : « la différence des réactions des deux auteurs face à nos questions était intéressante à voir : derrière chaque livre, il y a une personne qui peut correspondre ou non à ce qu’on attend ». L’échange fut donc riche, drôle, et marqué par le plaisir manifeste d’Hervé Giraud à écouter et à répondre aux questions.

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Rencontres avec Marion Brunet – février 2016

« Je n’aime pas l’idée de faire passer un message, j’ai plus envie de proposer des questionnements. »

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DSC_0062C’est bien la lecture, la découverte des univers si différents de cette sélection mais rencontrer un auteur c’est une expérience parfois unique.Cette année pour le Prix d’un livre à l’Aude nous avons invité Marion Brunet, l’auteur de Frangine. Durant quatre jours, elle a rencontré près de 300 adolescents de collèges et lycées. Il en reste des impressions, des photos, quelques phrasIMG_0557es essentielles à la compréhension du roman et au travail d’écriture, de jolis moments, des questions abandonnées sur une chaise, des signets tordus par des mains fébriles en attendant l’auteur, des litres de café et des kilomètres sur les routes entre Castelnaudary et Port La Nouvelle, Carcassonne, Limoux, Couiza.

Jour 1 : le collège Jules Verne rencontre Marion Brunet à la médiathèque Grain d’sel de Carcassonne et pour débuter, l’auteur cite René Girard et le bouc-émissaire. Les rencontres débutent fort…DSCN1620Jour 2 : La matinée est consacrée aux collégiens du Bastion et de Grazailles et à des adolescentes du lycée Jules Fil, avides de cet échange.

Brunet_librairieDans l’après-midi, la rencontre a lieu à la librairie Mots&Cie. C’est l’occasion de découvrir un nouvel espace et un nouveau rendez-vous pour les plus jeunes : Mômes&Cie

Celles et ceux qui étaient à la la librairie ce jour là ont eut droit à une lecture de son dernier livre « dans le désordre » par son auteur.

Pause.

Jour 3 : Limoux. Les rencontres sont denses dans les questions, les échanges et le nombre de collégiens et de lycéens, dans le désordre : saint-Jo, Ruffié et Delteil.

IMG_0459IMG_0491Marion renvoie facilement les questions, sous forme d’échanges. Pour elle Maupassant, pour eux Nothomb, Musso, … Balzac !

Silence.

Elle cite encore : Joyce Carol Oates, John Fante, Kerouac et précise qu’elle n’a pas forcément envie de rencontrer des auteurs « célèbres » mais des écrivains dont elle apprécie le travail.

« J’ai une passion pour la littérature. »

« J’aime la culture du doute. »

« Je n’ai pas forcément envie de défendre MES idées, mon travail est de transformer la réalité en fiction, certains sujets sont peu traités dans littérature pour la jeunesse, celui-là par exemple. Il fallait s’en emparer. L’adolescence est un moment passionnant que l’on présente toujours de manière négative. »

En fin de journée, elle a rendez-vous avec des collégiennes de Couiza, dans la Haute-Vallée.

« Le processus d’écriture est toujours différent selon les romans. Il y a toujours une scène autour de laquelle se construit le roman. »

IMG_0511« Pour mes personnages je ne cherche pas à les caricaturer. J’aime mes personnages et même les salauds en tant que personnages je les aime. »

Jour 4 : Nous faisons le pari de traverser le département en une journée, la dernière.

DSC_0052A Castelnaudary, les adolescents de deux collèges et un lycée professionnel, mélangés, échangent pendant une heure autour des quatre livres de la sélection, font des lectures, donnent leurs impressions, font des propositions pour les années suivantes. Une pause les attend autour d’un plat de guimauves et d’objets tirés de l’imaginaire des quatre auteurs.

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IMG_0549« L’écriture est un espace de liberté. On peut s’autoriser des choses. »

Un adolescent ose avouer sa gêne à la lecture de Frangine. Une gêne sur le style trop proche de la langue parlée des ados. La question interroge sur le rapport à la langue écrite et sans doute à l’image de la littérature.

« Ma voix est celle d’un adolescent, Joachim. Je ne pouvais m’exprimer avec un style « littéraire » ce serait faux. »

La journée et le cycle de rencontres se terminent à Port la Nouvelle

IMG_0577Les questions autour du livre sont nombreuses et les réponses rebondissent sur les différents thèmes du livre. Avec passion, bienveillance, Marion répond aux interrogations, toujours un peu les mêmes.

« Ce n’est pas une autobiographie »

Ce qui intéresse Marion brunet c’est de travailler une fiction, faire qu’elle soit le plus réaliste possible mais qu’elle reste une fiction, comprendre les personnages, leur donner vie et même les laisser vivre après le livre achevé.DSC_0067

« J’ai désormais intégré la poésie comme faisant partie de ma langue d’écriture ».

Marion vient de publier un nouveau roman chez Sarbacane, et sur ses projets à venir elle reste évasive.

« C’est important d’être toujours sur un projet. C’est angoissant pour un auteur d’être sur le vide »

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Marion Brunet

Brunet Marion 2

Mars 2013 : publication de  Frangine, le premier roman de Marion
Brunet, dans la collection EXPRIM’. Depuis, en deux ans seulement,
elle s’est imposée comme un des auteurs les plus passionnants
du secteur jeunesse, aussi à l’aise dans le thriller avec  La
gueule du loup  que dans le roman d’enfance loufoque
L’ogre au pull vert moutarde et  L’ogre au pull rose griotte.
.
Couronnée de plus de 30 prix pour ses différents romans,
conteuse intarissable, elle ose tout, essaie tout… avec talent et
réussite, puisqu’un public de lecteurs toujours plus nombreux la
suit de salon en salon, où elle se déplace toute l’année.

frangineNée en 1976, Marion Brunet grandit dans le Vaucluse.

Très rapidement accro aux bouquins, aux bandes dessinées et à diverses formes de littérature, elle se met à écrire. Après des études de Lettres et quelques tentatives d’exil, Madagascar, Budapest , elle décide d’être éducatrice spécialisée et travaille actuellement en psychiatrie, dans un hôpital de jour pour adolescents. Elle anime en parallèle des ateliers d’écriture au sein d’une compagnie théâtrale, pour les comédiens et divers groupes d’écoliers et de collégiens. Elle vit à Marseille mais écrit n’importe où. Frangine est son premier roman. [sources : Ricochet, http://www.ricochet-jeunes.org/auteurs/recherche/11466-marion-brunet ]

Visio avec Marie-Aude Murail, le 19 mars

Nous avons invité Marie-Aude Murail.

L’auteur de « 300 façons de dire je t’aime », ne pouvait pas venir vous rencontrer en terre audoise. Alors elle nous a proposé de faire cette rencontre par visio conférence. Vous le savez : nous sommes des lecteurs, des rêveurs et une telle organisation technique ne pouvait pas nous effrayer car nous n’en connaissions rien. Nous avons accepté et 3 lycées de Carcassonne, en toute confiance, ont accepté.

Voilà où nous en étions avant de voir la date du 19 mars se rapprocher. Il nous a fallu comprendre le processus et peut-être si nous vous avions demandé conseil, l’affaire aurait été vite réglée. Nous n’avons pas lâché parce que nous savions que cette rencontre serait un joli moment et que vous l’attendiez. Nous avons fait des essais, des essais et d’autres essais…

Ce 19 mars 3 points de visio ont été installé : lycée Charles Cros, lycée Charlemagne et lycée Jules Fil. L’heure du rendez-vous, 14h, approchait et personne n’osait dire le doute.

A 14h, Marie-Aude Murail est apparu sur les 3 écrans. Elle n’a pu voir tout le monde mais tout le monde l’a entendu. A tour de rôle les lycéens ont posé leurs questions et la rencontre s’acheva après une heure sans que personne ne puisse dire combien elle avait duré car de l’ennui il n’y en a pas eu.

Voici quelques phrases que l’on a retenu de ces échanges d’une vérité si claire que l’émotion pouvait être grande chez certains.

Quand on a une ambition artistique, il faut savoir se protéger. A 17 ans je sentais qu’il me fallait écrire mais je n’osais pas le dire, je préférais dire que je voulais être professeur de français, cela était plus rassurant pour mon entourage.

Mon auteur à moi c’est Dickens !

Elle montre à sa webcam, un magnet acheté la veille à Londres alors qu’elle visite la maison Dickens.

J’ai fais une pause pour écrire un livre pour adulte, il fallait que je le fasse. Mais je viens de retrouver mon pays : la littérature jeunesse.

Les élèves ont eu envie de parler de théâtre, ils en font, ils aiment et les questions se succèdent auxquelles Marie-Aude Murail répond avec toujours autant de simplicité.

J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre.

J’aime Lorenzaccio et Phèdre, ce sont mes pièces de jeune fille, aujourd’hui j’aime les pièces de Feydeau et langue de Marivaux.

Je vais moins au théâtre que je n’en lis.

Je ne suis pas un des personnages. Je ne me suis pas identifiée à l’un des adolescents. J’ai l’âge d’être le professeur et ça tombe bien car j’aime transmettre.

Dans ce trio amoureux, oui j’ai pensé à « Jules et Jim », mais j’ai surtout pensé à « César et Rosalie ».

Elle refusera de proposer un casting si son film devait se faire mais elle lance le défi aux élèves :

Envoyez-moi vos idées de casting, j’étudierai vos propositions avec beaucoup d’attention.

Nous ne pourrions pas tout noter. Il y a des paroles qui doivent rester entre elle et eux. C’était leur moment, on s’est invité et nous en étions ravis.

Progressivement chaque lycée s’est déconnecté pour remercier Marie-Aude Murail.

Pour ceux qui hésitent encore à se plonger dans cette histoire d’amour, d’amour du théâtre, on vous l’écris : allez-y vite !

A la médiathèque Georges Ganguilhem de Castelnaudary, des tables rondes organisées avec les élèves du lycée Jean Durand et ceux du collège Blaise d’Auriol

Pas moins de quatre tables rondes étaient organisées le 9 mars dans la médiathèque de Castelnaudary. Habituellement l’espace est désert le lundi, la médiathèque est en effet fermée au public, mais ce 9 mars n’était pas comme les autres lundis.Nous venions avec l’auteur Charlotte Bousquet rencontrer les lecteurs chauriens. Ces derniers avaient envahis les différents espaces, se créant des petites bulles pour échanger sur les quatre livres de la sélection, bibliothécaire, enseignant et documentaliste ont animé les différents échanges, s’effaçant devant la parole donnée aux ados.

Valérie Marcoul nous livre les échanges auxquels elle a assisté.

La table ronde a eu lieu dans le coin des magazines de la médiathèque avec un douzaine d’élèves pour moitié de seconde et première professionnelle du lycée Jean Durand et pour l’autre moitié des élèves de troisième du collège Blaise d’Auriol.

Les échanges ont eu lieu de 14h30 à15h30 sur trois livres parmi les 4 romans en course pour le prix, les participants ayant décidé de parler directement du roman de Charlotte Bousquet, Le dernier ours pendant la rencontre avec l’auteur qui allait suivre.

Pour chaque livre, un petit rituel fut posé. En faire un résumé, lire quelques extraits, puis dire tout ce que l’on en pensait.
Une élève du lycée Jean Durand fut la première à se prêter au jeu en présentant Le plus petit baiser de Mathias Malzieu . C’est un roman surréaliste nous expliqua t-elle avec des éléments réels et imaginaires qui s’entrelacent et une écriture pleine de métaphores. Un homme va tomber amoureux d’une jeune fille qui disparaît quand on l’embrasse. Un collégien évoquera d’autres personnages haut en couleur : Gaspard-neige, le détective privé, son perroquet enregistreur, Elvis et Louisa la pharmacienne. Les avis donnés sur ce petit roman furent très divergents ! Deux collégiens ont adoré le style très travaillé et fantaisiste ainsi que l’histoire racontée et le placent en premier dans la sélection, certains,au contraire ne sont pas entrés dans l’univers très particulier crée par Mathias Malzieu.
Puis les élèves essayèrent de présenter Le regard des princes à minuit, difficile à résumer puisqu’il s’agit en fait du récite de sept défis réalisés par des jeunes différents, donc de sept histoire mise en parallèle et reliées par un texte du temps des chevaliers du Moyen-Age. Erik l’homme pose la question : qu’est-ce que c’est qu’être chevalier au XXI ème siècle? Les élèves de notre table ronde n’ont pas été séduit par ce livre. Un collégien soulignant que en revanche il avait adoré Phaenomen du même auteur. J’ai pu témoigner sur le fait que certains participants avait aimé ce livre et qu’il avait été souvent prêté au CDI.
Enfin, nous abordâmes 3000 façons de dire je t’aime, l’histoire de Chloé, Bastien et Neville, de leur amour pour le théâtre et de leurs chassé-croisés amoureux. Là aussi, des points de vue très disparates se sont exprimés. Certains n’étant pas allés au bout de ce long roman à l’écriture pourtant très fluide. La raison invoquée fut le plus souvent que le thème du théâtre ne les intéressait pas. Un garçon de troisième, au contraire, expliqua qu’il avait beaucoup apprécié l’histoire tout en délicatesse et le style classique et parfois humoristique de ce livre !