A la médiathèque Georges Ganguilhem de Castelnaudary, des tables rondes organisées avec les élèves du lycée Jean Durand et ceux du collège Blaise d’Auriol

Pas moins de quatre tables rondes étaient organisées le 9 mars dans la médiathèque de Castelnaudary. Habituellement l’espace est désert le lundi, la médiathèque est en effet fermée au public, mais ce 9 mars n’était pas comme les autres lundis.Nous venions avec l’auteur Charlotte Bousquet rencontrer les lecteurs chauriens. Ces derniers avaient envahis les différents espaces, se créant des petites bulles pour échanger sur les quatre livres de la sélection, bibliothécaire, enseignant et documentaliste ont animé les différents échanges, s’effaçant devant la parole donnée aux ados.

Valérie Marcoul nous livre les échanges auxquels elle a assisté.

La table ronde a eu lieu dans le coin des magazines de la médiathèque avec un douzaine d’élèves pour moitié de seconde et première professionnelle du lycée Jean Durand et pour l’autre moitié des élèves de troisième du collège Blaise d’Auriol.

Les échanges ont eu lieu de 14h30 à15h30 sur trois livres parmi les 4 romans en course pour le prix, les participants ayant décidé de parler directement du roman de Charlotte Bousquet, Le dernier ours pendant la rencontre avec l’auteur qui allait suivre.

Pour chaque livre, un petit rituel fut posé. En faire un résumé, lire quelques extraits, puis dire tout ce que l’on en pensait.
Une élève du lycée Jean Durand fut la première à se prêter au jeu en présentant Le plus petit baiser de Mathias Malzieu . C’est un roman surréaliste nous expliqua t-elle avec des éléments réels et imaginaires qui s’entrelacent et une écriture pleine de métaphores. Un homme va tomber amoureux d’une jeune fille qui disparaît quand on l’embrasse. Un collégien évoquera d’autres personnages haut en couleur : Gaspard-neige, le détective privé, son perroquet enregistreur, Elvis et Louisa la pharmacienne. Les avis donnés sur ce petit roman furent très divergents ! Deux collégiens ont adoré le style très travaillé et fantaisiste ainsi que l’histoire racontée et le placent en premier dans la sélection, certains,au contraire ne sont pas entrés dans l’univers très particulier crée par Mathias Malzieu.
Puis les élèves essayèrent de présenter Le regard des princes à minuit, difficile à résumer puisqu’il s’agit en fait du récite de sept défis réalisés par des jeunes différents, donc de sept histoire mise en parallèle et reliées par un texte du temps des chevaliers du Moyen-Age. Erik l’homme pose la question : qu’est-ce que c’est qu’être chevalier au XXI ème siècle? Les élèves de notre table ronde n’ont pas été séduit par ce livre. Un collégien soulignant que en revanche il avait adoré Phaenomen du même auteur. J’ai pu témoigner sur le fait que certains participants avait aimé ce livre et qu’il avait été souvent prêté au CDI.
Enfin, nous abordâmes 3000 façons de dire je t’aime, l’histoire de Chloé, Bastien et Neville, de leur amour pour le théâtre et de leurs chassé-croisés amoureux. Là aussi, des points de vue très disparates se sont exprimés. Certains n’étant pas allés au bout de ce long roman à l’écriture pourtant très fluide. La raison invoquée fut le plus souvent que le thème du théâtre ne les intéressait pas. Un garçon de troisième, au contraire, expliqua qu’il avait beaucoup apprécié l’histoire tout en délicatesse et le style classique et parfois humoristique de ce livre !

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Retranscription de la rencontre avec Charlotte Bousquet à Castelnaudary

Comme si vous y êtiez…

C’est devenu une habitude, sans écrire une tradition.

La documentaliste du collège Blaise d’Auriol, Valérie Marcoul, assiste aux rencontres d’auteur avec un paquet de feuille blanche et un stylo. Cette année encore elle nous livre une retranscription des questions réponses. On ne retranche rien, on livre ces lignes à votre lecture.

Rencontre avec Charlotte Bousquet
auteur du roman Le dernier ours
à la médiathèque Georges Canguilhem à Castelnaudary
le lundi 9 mars 2015 de 15h30 à16h45

ours dessin charlotte allege 21/ Pourquoi les ours ?
J’adore les ours. Ce sont les premières victimes du dérèglement climatique. Mon éditrice m’a demandé si je voulais travailler sur les espèces en voie de disparition. J’avais hésité entre différents animaux. Et puis j’ai vu l’image d’un ours à la dérive…

2/Pourquoi une fin aussi tragique ?
Parce que je ne pouvais pas faire autrement vu le ton du livre. Cela correspondait à ce livre d’anticipation. J’ai essayé de rester le plus réaliste possible même si j’aurais bien aimé sauver l’héroïne.

3/Combien avez vous mis de temps pour écrire ce roman ?
Quatre mois.Il a été retouché deux ans plus tard.En gros 4 mois

4/ Pourquoi avoir choisi des délinquants ?
J’ai choisi des personnes qui ne rentrent pas dans les cadres. Karen est à ½ inuit et danoise. Sila et Lone sont des personnes à qui on n’a jamais laissé de chance. Lone notamment est fragile, coupée en deux, pas sûre d’elle.

5/ A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
Depuis toute petite. Mais j’ai pensé en faire ma profession vers 2002-2003.

6/Faîtes-vous autre chose à côté ?
Non

7-Qu’est-ce qui vous a poussé à faire écrivain ?
Je faisais des recherches en philosophie. L’écriture me plaisait de plus en plus. Et j’ai rencontré d’autres auteurs.

8/ Vous vous obligez à produire combien de pages par jour ?
J’écris 10 à 12 000 signes par jour c’est à dire 5 à 6 pages par jour.

9/ D’où vient votre inspiration ?
De partout. L’état de notre planète, les ours. Des séries, des sujets d’actualité, de choses qui me mettent en colère.

10/ Que faites vous quand vous êtes en panne d’inspiration ?
Je vais sur Facebook !
Quand tu es professionnel, tu n’as pas le droit d’être en panne. Donc les automatismes professionnels prennent le relais. Écrire demande beaucoup de discipline.

11/ Avez-vous eu des blocages pour écrire la suite d’une histoire ?
Avant Noël, j’étais fatiguée et j’ai laissé des automatismes d’auteurs prendre le relais.

12/ Quel est votre plus gros succès ?
Les dernier ours (2ème tirage).
Rouge tagada (3ème tirage)

13/ Avez-vous éprouvé de la joie à la sortie du dernier ours ?
Oui, je suis très émotive et j’ai pleuré en l’écrivant. C’est un livre que j’ai beaucoup aimé. J’étais contente de l’écrire. Avant de l’écrire, je m’étais engueulée avec quelqu’un sur le thème des espèces en voie de disparition. Il soutenait que de toute façon des espèces avaient toujours disparu et que c’était un évolution normale.

14/ Quel a été votre sentiment à la fin du roman ?
Soulagée. Contente de voir le résultat final.

15/ Comment pouvez-vous être sûre de votre fin ?
La fin était encore plus noire au départ. C’est mon éditrice qui m’a demandé de laisser une petite note d’espoir.

16/L’avez-vous relu une fois terminé ?
Je relis l’introduction mais pas en entier.

17/ Si vous n’aviez pas autant de succès quel autre métier auriez-vous choisi ?
Dans l’idéal un métier équestre. Dans la réalité, j’ai un diplôme d’écrivain public ou alors j’aurais pu travailler dans la traduction.

18/ Qu’avez-vous fait comme études ?
Un doctorat de philosophie. Un bac A option math.

19/ Pouvez-vous nous parler des autres livres que vous avez écrits ?
« Si j’étais un rêve » : une correspondance entre des adolescentes dans le cadre d’une correspondance organisée par leur professeur de littérature et société. Cela se passe en 2013. Il y avait eu une tentative de révolution en Bulgarie. Des gens sont descendus dans le rue, certains se sont immolés. Le gouvernement a été renversé. On suit les prémisses de la Révolution à travers les yeux de Lina. Une des ados est en gros mal être et se passionne pour les tatouages. Que vont faire ces deux ado pour s’entraider ?
Mots rumeurs, mots cutter: le harcèlement à l’école
« Saison Rouge » : un petit livre de 40 pages sur le mariage forcé au Maroc.
« Ce feu qui me consume » : réécriture de la dame aux camélias de Alexandre Dumas fils. C’est l’histoire d’un amour fou entre un jeune homme Armand et une courtisane Marguerite qui est tuberculeuse. J’ai transposé l’histoire dans la Florence de nos jours.

20/ Avez-vous déjà écrit sur des choses personnelles ou qui vous sont arrivées ?
Oui le livre su le harcèlement Mots rumeurs, mots cutter se nourrit en partie d’un harcèlement que j’ai subi quand j’étais jeune.
Et dans tous mes livres, il y a un peu de moi car il y a toujours des bouts de nos sentiments, de nos failles, de nos révoltes dans l’écriture.

21/ Avez-vous eu des critiques sur vos livres ?
A l’heure actuelle, il y a beaucoup de blogs littéraires. Oui, j’ai eu beaucoup de critiques, des positives et des négatives.

22/ Des critiques négatives vous ont -elles atteintes ?
Oui, au début. On les prend de plein fouet car on les prend comme des attaque personnels. En fait, c’est juste une question de courant personnel. En revanche, je reçois parfois de véritables attaques personnelles, méchantes mais maintenant je m’en fiche. Le droit de tout lecteur est d’aimer ou de ne pas aimer !

24/ Avez-vous été déçue à cause de critiques ?
Peut être pour la trilogie » Lune et l’ombre » : histoire d’une jeune fille qui a le don de passer dans les peintures. J’ai reçu une bourse pour l’écrire et J’ai eu l’impression de progresser en l’écrivant.Or, je n’ai pas eu de réussite dans le public. C’est surtout cette déception par rapport à réception des lecteurs.

24/ Est-ce que chacune de vos œuvres pose un problème particulier ?
Je ne suis pas capable d’écrire sans poser un problème.

25/ Comment trouvez-vous les prénoms des personnages ?
Quand je prend des prénoms étrangers je vais sur prénom. com. Si ce sont des romans historiques, je fais des recherches. J’ai écrit par exemple un roman qui se passe au XVII ème siècle.
Animi : le vent. Les prénom arabes ou berbères ont souvent des significations.

26/ Comment donnez-vous un caractère à vos personnages ?
Quand je fais le synopsis, je précise les contours des personnages. Par exemple Karen est entre deux mondes, elle est déchirée…

26/ Comment caractérisez-vous les personnages ?
Les héros et les héroïnes ont des choses qui me ressemblent.
Marguerite : malade, volontaire, déterminée. J’imagine qu’elle aime l’équitation comme moi ; je fais un mélange des deux. Puis, en cours d’écriture le personnages suit parfois son propre cours et là tu le suis forcément.

27/ Avez-vous été influencée par des livres ?

Des tonnes. » Fantomette ». J’adore « Cyrano de Bergera »c (dans la peau des rêves). Par la poésie.
Dans la nouvelle collection consacrée à des réécritures on s’empare des textes que l’on a aimé. C’ est assez génial !

28/ Votre entourage vous aide -t- il ?
Oui, ma maman et mon mari m’aident. Ils relisent mes textes. Pour La proie idéale (collection thriller) j’ai du me renseigner sur la police en France. Or, j’ai une amie qui était commandante de police qui m’a amené au commissariat voir les gardes à vue et le département de police criminelle.

29/ Avez-vous écrit des livres sur l’équitation ?
Oui, plein. « A l’orée de la classe ».
« Ce feu qui me consum »e.
Un recueil chez Rageot : textes autour du cheval et du handicap. Et dans la plupart de mes romans , il y a des chevaux.

31/ Avez-vous écrit sur l’ hippophagie ?
Non.

31/ Avez-vous des animaux ?
Un chat et 3 chevaux.

32/ Trouvez-vous le titre avant le roman ou après ?
J’ai un titre de travail (cela peut être le nom du personnage) et ensuite l’on choisit le titre avec l’éditeur.

33/ Est-ce que vous faites d’abord le résumé ?
Oui, je commence par un synopsis assez détaillé. Au début, il était très détaillé. Maintenant, plus court avec les description des personnages.
La 4ème de couverture, c’est ce qui vient en dernier. Souvent, c’est l’éditeur qui la fait, ou stagiaire chez l’éditeur. Cela dépend des éditeurs.

34/ Vous avez le droit de dire que cela ne vous plaît pas ?
Oui. Mais le plus souvent Rageot propose des choses pertinentes ;

35 / Pour les premières de couverture comment faites-vous ?
Pour « le dernier ours » c’est l’éditeur qui a acheté une photo sur internet. Gulf Stream c’est ½ ½. Pour la série, j’ai choisi l’illustratrice qui a été embauchée par l ‘éditrice. Pour la fiction féminine qui propose des livres avec des héroïnes jeunes de l’ordre de la comédie avec une histoire d’amour, l’éditeur propose souvent des photo très laides. Donc j’ai proposé une photo d’un ami photographe.

36/ Qu’est ce que cela vous fait quand un roman ne marche pas ?
Cela dépend de l’œuvre. Si elle me tient à cœur ou non.

37/ Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut être écrivain ?
D’écrire, écrire, écrire…Faire des plans, de travailler beaucoup, d’être bien accroché car on n’est pas toujours encouragé. On rencontre aussi des gens qui tentent d’écraser les autres. D’avoir des notions de droit par rapport aux contrats…

38/ c’est quoi l’envers du décor du métier ?
10 heures de boulot par jour
La course au contrat. Négocier des contrats car on n’a pas toujours de quoi boucler la fin du mois.
Être seul. Je travaille chez moi. Être prêt à se déplacer. Faire des salons. Encaisser des critiques.

Il faut essayer de suivre son instinct. De ne pas se laisser influencer, de garder son âme intacte. C’est valable pour toutes les professions dans lesquelles on a un peu de succès. Quand tu te rends compte que tu n’écris pas ceci ou cela par peur de déplaire à un tel cela n’est pas bon signe…

39/ A qui s’adresse le dernier ours ? A quelle tranche d’âge ?
Ado et adultes. Les éditeurs font souvent des classements mais en fait cela dépend complètement du niveau de lecture des lecteurs.
Pour « Venenum » surprise : langage assez soutenu L’éditeur avait prévu de le classer dans les seconde et plus. En fait, il a été lu et étudié en classe de cinquième sans aucun problème. L’âge n’est pas très important.

40/ Quel est le livre qui vous tient le plus à cœur ?
« Venenum » : roman qui se passe au 17 ème siècle
« Si j’étais un rêve »
« Le dernier ours ».
« Rouge tagada » : une BD qui raconte l’amitié amoureuse entre deux filles au collège. Il est sorti au moment des manifestation contre le mariage gay. Il a fait parfois changer des mentalités. Il a beaucoup été acheté dans les CDI.

41/ Quand vous écrivez, c’est fluide ?
Cela dépend des livres. Le dernier ours n’était pas facile à écrire.

42/ Vous écrivez sur l’ordinateur ?
Je note des idées sur le papier. Mais après j’écris directement sur l’ordinateur.

43/ Qu’est ce vous aimez lire ?
Du Virginia Woolf, Proust. Melvil Burgess qui écrit pour les ado. Johan Heliot: Ciel.0 L’hiver des machines, une intelligence artificielle décide de se débarrasser de toute humanité/

44/ Vous avez déjà rencontré d’autres auteur ?
Oui, sur des salons ou des rencontres. Et certains deviennent des amis.

45/ Est-ce qu’il vous est arrivé en écrivant un livre d’avoir une inspiration pour un autre livre ?
Oui, tout le temps ! Je le note sur un carnet.

46/ Et vous en faites quelque chose ?
Cela dépend.

47/ Avez-vous déjà écrit des nouvelles psychologiques ?
Oui, l’histoire du philosophe Arioste: philosophe et hérétique du 3ème siècle avant JC. Intéressant car montre que chacun a en soi la possibilité de développer un don.

48/ Combien de livres avez-vous écrit?
Une trentaine

49/ Avez-vous déjà postulé à un prix littéraire ?
Pour les prix les plus connus : Goncourt, … je ne suis pas dans la bonne catégorie car j’écris pour les jeunes et j’écris souvent de la fantasy.
Sinon je participe cette année…à d’un Livre à l’Aude ». Et d’ailleurs Marie -Laure va nous expliquer comment se fait la sélection pour ce prix !

Donnons la parole à Marie-Laure de Capella, documentaliste à Canopé Aude et co-organisatrice du prix D’un livre à l’Aude : « La sélection s’élabore avec quatre type de personnes : les libraires, les bibliothécaires, les documentalistes et les ado qui souhaitent donner leur avis. On propose en pré-sélection une quinzaine d’ouvrages à partir desquels on choisit les 4 titres en course. En espérant que certains d’entre vous participeront à la pré-sélection pour l’an prochain. Pour cela adressez-vous à votre documentaliste!»

Rencontres 2012-2013

Les rencontres d’auteur 2012-2013 : Jo Witek

DSC_0525Les 18 et 20 décembre Jo Witek a rencontré les lecteurs audois dans plusieurs médiathèques du département : Carcassonne, Port La Nouvelle, Bram. Adolescents et adultes, attentifs, ont échangé avec l’auteur de « Peur Express sur le roman, son travail d’écrivain, ses autres romans, ses échecs et ses réussites d’auteur. Jo Witek avec générosité, répond, interpelle, acquiesce, sourit et relance questions et réactions.

Il fallait d’autres échanges, ne laisser aucun lecteur sans échanges.

Le 28 janvier, retour à la médiathèque Grain d’Aile à Carcassonne, à la BDP de Limoux. L’attention est constante. Plus tard, les élèves ont écrit, ils se sont enregistrés, ils ont emprunté les autres romans au CDI du collège ou du lycée. Ils en parlent :

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Le 29 janvier enfin avaient lieu les dernières rencontres avec l’auteur de Peur Express, l’occasion de quelques photos, quelques impressions, des mains qui s’agitent et des questions, des questions, …

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Ce fut ainsi à la médiathèque Georges Ganguilhem de Castelnaudary. Valérie Marcoul, documentaliste au collège Blaise d’Auriol, attentives aux échanges a retranscrit les questions posées par les élèves du collège Blaise d’Auriol, du lycée agricole Paul Riquet et du lycée professionnel François Andréossy :

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Nous avons conduit Jo Witek par les petites routes de la Montagne noire, à la rencontre des élèves de Cuxac-Cabardes pour un moment tout en rires et douceur.

DSC_0544Les rencontres se sont achevées à la bibliothèque de Rieux Minervois, par des mains continuellement en mouvement, serrées sur la couverture d’un livre ou sur les pages d’un cahier.

DSC_0542Merci aux enseignants et aux bibliothécaires pour ces moments partagés.

Merci aux ados pour leur enthousiasme

et merci à Jo.

Questions-réponses Jo Witek à Castelnaudary

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce roman ?

Trois idées sur mon carnet : TGV/ huis clos /6 ado. Et le fait d’avoir croisé un sanglier de nuit sur une départementale : ce fut en quelque sorte « l’ irruption du monde sauvage dans mon TGV » le TGV représentant un monde moderne sans aspérité.

Combien de temps cela vous a pris d’écrire ce roman ?

Un an mais pas en continu car je travaille en même temps, je suis journaliste et scénariste pour le cinéma.

Pourquoi 6 ado ?

J’ai listé des peurs puis j’ai choisi les personnages. J’en ai d’ailleurs supprimé quelques uns prévus au départ.

Comment gérez vous les différents éléments : les liens entre les personnages, le cadre ?

Cela a été plus complexe pour Peur Express que pour mes autres romans pour lesquels je dois juste suivre la voix d’un personnage…

Pourquoi une fin rationnelle à une histoire irrationnelle ? 

Un éditeur n’a pas retenu mon livre à cause de la troisième partie mais je tenais à cette troisième partie car j’aime le psychologique dans les romans policiers. D’ailleurs l’éditeur Acte Sud, a pris le roman grâce à cette partie psychologique. Je pense qu’il faut s’autoriser des libertés et sortir des règles habituelles du thriller.

J’aime bien être surprise et varier les points de vue.

Comment avez-vous trouvé le nom de vos personnages ?

J’ai croisé un Virgil et une Wafaa dans des ateliers d’écriture. Je tâtonne, je fais des recherches sur internet j’écoute si cela sonne bien…

Pourquoi la période de Noël ?

Parce que c’est une période qui m’angoisse un peu. J’avais besoin de cette ambiance de neige. De plus la neige, c’est « la galère » pour les professionnels du train.

Pourquoi cela se passe dans un train ?

Parce que c’est un huis clos parfait pour le paranormal. Et puis j’adore les trains. Le temps du voyage aussi me paraît intéressant.

Pourquoi avoir choisi le paranormal pour traiter des peurs ?

Je suis partie de la peur de la mort qui est en nous et je suis arrivée peu à peu aux frontières du paranormal avec des prémonitions…J’aime interroger sur la frontière entre le normal et la folie. Le doute m’intéresse beaucoup.

Pourquoi la rencontre entre le professeur Michet et Jeanne ?

Je suis positive et j’ai beaucoup de mal à ne pas finir par une petite note de soleil. J’écris pour donner envie de vivre. J’aime l’idée de la rencontre un peu improbable entre une conductrice du train et d’un spécialiste du paranormal.

Est-ce que vous vous êtes identifiée à des personnages ?

J’ai beaucoup de tendresse pour mes personnages. C’ est comme si je les rencontrais. En écrivant, je crée un petit monde. J’ai été comédienne et cela me pousse à beaucoup m’interroger sur les personnages. J’ai joué par exemple mademoiselle Julie de Strindberg et je me demande comment elle est, comment elle marche…Mon mari voit à la façon dont je travaille à l’ordinateur si j’écris un roman ou si je prépare un article pour les journaux. J’écris beaucoup de dialogues.

Un retour de lecture : j’ai beaucoup aimé la façon dont vous passez d’un personnage à un autre.

Je suis influencée par l’écriture de scénarios. Le cinéma nous a habitué à décrire une situation en quelques mots. La littérature au 19ème siècle était pleine de longues descriptions que nous avons tendance à trouver aujourd’hui ennuyeuses car nous voyons beaucoup de films et nous vivons dans un monde plus rapide.

Ce qui me plaît c’est la fin avec l’avion qui laisse l’ouverture pour une suite…

La coïncidence c’est que je suis invitée sur l’île de la Réunion et je vais peut être y trouver des phénomènes paranormaux à expliquer. J’aime à penser que la vie nous fait de petits signes…

Cela fait combien de temps que vous écrivez ?

A 13 ans j’écrivais déjà beaucoup pour moi, un journal intime. C’est à 24 ans que j’ai été publiée pour des textes sur la maternité; cela fait 5 ans que je suis reconnue comme un auteur. Jeune, ma sœur avait tout à fait le profil de l’écrivain écrivant et lisant beaucoup. Quant à moi, j’avais marqué dans mon journal intime que je voulais devenir assistante sociale. En fait, c’est elle qui est devenue assistante sociale et moi écrivain. Mais quelque part j’ai toujours la volonté de mettre de l’humain dans mes récits, je m’intéresse toujours au social.

Je suis devenue auteur à part entière quand j’ai écrit pour les autres et non plus pour moi ; j’ai écrit trois romans de littérature générale qui ont été refusé par les éditeurs et cela a été un passage difficile pour moi.

Avez vous pensez à écrire une biographie ?

Non mais cela m’intéresserait

Euh non une autobiographie ?

Non !

Avez vous eu des problèmes pour trouver un éditeur ?

Cela n’a pas été tout seul. J’ai été refusée pour les trois manuscrits de romans pour adulte. Cela a été en revanche assez rapide pour la littérature de jeunesse.

Quel est votre rapport avec le support numérique ?

Je n’ai pas peur des supports. Il m’arrive d’écrire pour les multimédia. La technologie est là et en tant qu’auteur j’aimerais réfléchir à un type d’écriture adapté à ces nouveaux supports.

Est-ce que vous quitteriez votre travail pour écrire ?

Cela me forcerai à produire beaucoup car pour en vivre il me faudrait écrire 4 à 5 livre par an et je n’ai pas envie d’être dans l’obligation d’écrire. Et puis travailler par ailleurs me permet de rencontrer beaucoup de gens différents qui nourrissent mes récits.

J’ai aimé Robert Jean et le détournement des objets dans Peur express; par exemple la réplique du sabre de Dark Vador en plastique qui sert de canne à Robert Jean !

Effectivement, j’ai bien aimé armer Robert Jean de l’épée laser du méchant Dark Vador !

Est ce que vous réutilisez certains personnages ?

Non, je ne suis pas nostalgique !

Quand vous écrivez vous prévoyez tout ou bien vous vous laissez aller ?

Un peu des deux . J’ai mon idée principale mais un chapitre en amène un autre. Mais le rôle de l’éditeur qui a un regard littéraire sur le texte est important. Il me permet de corriger certaines incohérences…

Est ce que vous traitez de sujets différents en tant que journaliste ?

Oui et cela me permet aussi de rencontrer des gens et des sujets variés.

Quel type de sujets préférez vous ?

J’écris un peu en réaction de ce que je vois. Par exemple pourquoi le héros d’une histoire sentimentale serait-il forcément une fille ?

Entretien retranscrit par Valérie Marcoul, enseignante-documentaliste au collège Blaise d’Auriol de Castelnaudary

Rencontre 2011-2012

Le 4 avril 2012, l’auteur des barons, Laurent Brandebourger a rencontré les lecteurs de son roman, à la médiathèque de Castelnaudary.

DSC_0016Les élèves du collège Blaise d’Auriol, du lycée professionnel Andreossy et ceux du lycée agricole Pierre-paul Riquet se sont prêté au jeu. De ces échanges, 5 petits films à revoir à écouter…

Comment écrire à deux ? L’écriture n’est-elle pas un acte solitaire ?

Laurent Bandebourger répond sur la construction d’une écriture particulière : le scénario.

Les barons : un livre sur les banlieues ? Quelles banlieues ?

Laurent Brandebourger répond en expliquant comment par l’écriture , l’auteur peut rendre compte d’une réalité sociale, sans stigmatisation, sans tomber dans une mauvaise caricature.

Laurent Brandebourger est d’abord un auteur de scénarion, un scénariste.

Comment passe-t-on d’une éciture à l’autre ? Du film au livre ?

La philosophie des barons

Pourquoi un auteur vient-il à la rencontre de jeunes dont-on dit qu’ils ne lisent pas, qu’ils ne s’y intéressent pas ?

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